Notre raid à ski sur la haute route mythiqueJour 4 : cabane de Chanrion - Cabane des VignettesDépart à pied, skis sur l'épaule ; il y a encore
moins de neige derrière la cabane...puis on remonte doucement
le vallon du glacier du Brenay. L'air est très froid, avec une
petite bise de face et des rafales, la remontée est pénible. - à droite, comme nos amis tcheks, mais aussi comme toutes les
autres cordées (les mêmes que dans la pente de Valsorey...),
un mur, la suite du glacier du Brenay, assez impressionnant de loin,
car il parait vertical et verglacé ; la voie normale.
Superbe tranquillité, trace aisée, joli col puis le passage clé, évident, mais on hésite... "Pas sous ce sérac quand même!... ". On essaie de contourner à gauche, c'est l'abîme sous une calotte en glace vive... " OK on passe sous le sérac. ". Ca passe d'ailleurs très bien, et on est ensuite rapidement au col puis au sommet du Pigne d'Arolla. On retrouve alors ceux qui sont passés par la droite (en temps c'est donc comparable voire plus rapide et surtout moins monotone par la gauche).
Jour 5 : Cabane des Vignettes - Zermatt - L'Argentière - LyonL'étape s'annonce longue (encore plus que d'habitude !) le topo parle de 9 à 12h ! jolie fourchette... On ne sait donc absolument pas combien de temps cela nous prendra, et on pense faire étape à Schönbielhütte. Ah si, pour finir, on sait que le temps devrait commencer à se dégrader!... Descente du refuge au pied du Mont Colon, plat, montée au premier col, le col de l'évêque (progressive, sans difficulté). Au col, congère, vent glacial, on poursuit par la descente. Attention à l'itinéraire et aux crevasses. On aperçoit la cabane des bouquetins. On part à la boussole vers le col du mont brûlé parce qu'on ne voit pas du tout où il peut se trouver dans la muraille d'en face. A son approche tout devient plus simple, la paroi s'adoucit, mais on déchausse quand même pour utiliser crampons et piolets. Au col on aperçoit le mauvais temps qui nous rattrape (il est déjà au col de l'évêque...).
La descente est délicate, il y a beaucoup de traces qui ne sont pas toutes bonnes à suivre, les séracs grossissent et les crevasses s'ouvrent au dernier moment (Pierre-Yves a juste le temps de passer après nous trois et fait s'affaisser le pont de neige invisible, grosse frayeur pour lui, pour nous, c'est presque passé inaperçu...) Le glacier tourne à droite, on a le tord de remonter sur l'éperon rocheux central au lieu de suivre le glacier sur la droite après un bombement au pied des séracs et entre les crevasses ; ça nous oblige à remonter pour basculer de l'autre côté dans une pente juste suffisamment enneigée. Ensuite la descente est plus tranquille, même si on passe juste sous le glacier suspendu du Cervin ( il suffit de serrer les fesses, et de pousser sur les bâtons).
On grenouille un peu avant de trouver la piste salvatrice (de la descente facile et tout schuss... sauf chaque fois qu'il y a une bosse ou un faux plat, ou qu'il faut déchausser parce qu'il n'y a plus que du goudron dans les virages!... Bah! et en plus la neige est détrempée, couleur gadoue, et ça sent le purin !!! Adieu le mythe des 3S - Ski Snob en Suisse) Au pied de la piste surprise : un bus navette et qui passe par la gare en moins de 10' !!! Il est déjà 15h45, on ne peut pas lui en accorder plus (le train est à 16h...). Cela fait 5 jours qu'on n'a pas vu la civilisation, mais les réflexes reviennent vite. On rate le premier bus qui est bondé ! Mais un suivant arrive dans la foulée et on s'y engouffre. On se retrouve coincés contre la vitre avec un couple de français assez chics. Cela fait 5 jours qu'on ne s'est pas lavé, la carline du matin vomit déjà ses odeurs d'efforts intenses de cette dernière étape, et on a du vieux matos, on entame la conversation avec ces compatriotes : nous : " Pas très belles ces pistes, il faut pousser sur les
bâtons, la neige est sale, mouillée et en plus ça
pue le purin " Pour nous tout s'enchaîne assez vite : sauter du bus dans la bonne direction, repérer le train, fixer le contrôleur pour qu'il nous attende, acheter les billets (un guichet suisse c'est long!...), sauter dans le train, trouver un carré de sièges où décharger les sacs, les skis, les bâtons, s'affaler, manger un peu et déjà se souvenir...
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